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On ne meurt qu'une fois, à propos d'"écrit sous x" d'Isabelle P.B.

11 Janvier 2015 , Rédigé par Nitischer Zamre Publié dans #PhilosophiK

Celui qui, vivant, ne vient pas à bout de la vie, a besoin d'une main pour écarter un peu le désespoir que lui cause son destin (...) mais de l'autre main, il peut écrire ce qu'il voit sous les décombres, car il voit autrement et plus de choses que les autres, n'est-il pas mort de son vivant, n'est-il pas l'authentique survivant?
Franz Kafka
19 octobre 1921

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On ne meurt qu'une fois, à propos d'"écrit sous x" d'Isabelle P.B.
D'aucuns considéreront ce texte d'Isabelle Pariente-Butterlin pour le moins difficile, violent, voire insoutenable. Il décrit pourtant une situation ordinaire, banale dans la médecine d'aujourd'hui, celle qui empêche les corps de mourir.
Il soulève une question qui n'est jamais posée : peut-on guérir de l'expérience de la presque-mort? Comment vivre avec cette mort que l'on a approchée? dont on a réchappé? par chance, par bonheur, par miracle? Cette victoire sur la mort ne fait plaisir qu'aux autres, car on est soi-même brisé à jamais, privé de rester dans l'étrange plénitude ensoleillée que l'on a ressentie, impérieusement tiré de ce lieu paisible par la nécessité vitale, par le monde d'ici-bas.
Réquisitoire prenant le contrepied de la résilience, ce texte saigne et assène une vérité qui ne s'acquiert que par l'expérience : on ne revient jamais vraiment de la mort que l'on a aperçue même confusément lors d'une urgence vitale traitée avec technicité, efficacité, voire même brutalité. Cette seconde chance de vivre traine avec elle l'écho du corps refroidi, l'impression de vide et d'absurde, la transparence au monde et l'on passe désormais comme un spectre au travers de l'existence, comme si plus rien n'avait d'importance, sans autre attente que la prochaine que l'on espère en secret être la dernière.
"C’est ainsi que la ligne s’est brisée. Et elle avec. Et que le monde est décoloré."
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