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Marc Didou - Juste une Illusion à Landerneau, galerie de Rohan

17 Décembre 2015 , Rédigé par Nitischer Zamre Publié dans #Arts PlastiK

Marc Didou - Juste une Illusion à Landerneau, galerie de Rohan
Marc Didou - Juste une Illusion à Landerneau, galerie de Rohan
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Un événement à ne pas manquer !

Pour la deuxième exposition de la galerie de Rohan à Landerneau, l'artiste Marc Didou, "artificierforgeronsculpteur", livre une série d'oeuvres intrigantes où se noue avec subtilité un double dialogue entre art, science, passé et présent.

Erudit et un rien magicien, Marc Didou provoque la surprise. Il multiplie les clins d'oeil avec le passé, tout y passe : l'archéologie, les déesses antiques, les vanités du XVIIème siècle, l'architecture moderniste et même Marcel Duchamp !

Loin d'exploiter l'antique comme un faire-valoir, l'artiste, à l'aide de la science et un certain goût pour le jeu, prend appui sur des thèmes emblématiques de l'histoire des arts et les revisite. Ainsi le discours de ses oeuvres crée une cohésion entre l'art d'autrefois et celui d'aujourd'hui. Tout en adoptant une démarche résolument contemporaine, la référence au passé pose des repères pour le visiteur mais ne s'inscrit pas comme une finalité, car Marc Didou bouscule bien des préjugés, notamment l'accessibilité immédiate à l'oeuvre.

Il requiert ainsi le rôle actif du regardeur en l'impliquant dans "l'invention" (la découverte) de chaque sculpture.

Et l'expérience pour le visiteur est proprement jubilatoire.

Le gisant de la première salle, tout droit sorti de la statuaire médiévale, est découpé au scanner, privé de toute identité il n'est plus représentation d'une personnalité mais présentation d'un corps humain anonyme.

L'énigme de l'air liquide suggère un jeu surréaliste à la manière de Marcel Duchamp.

Les miroirs pour aveugles nous invitent à traquer une image incertaine dans un forme conique réfléchissante où il faut traquer l'image de son propre reflet.

Quant aux portraits vénitiens, la recomposition qu'impose le morcellement, entre illusion d'optique et prouesse technique, force le regard à creuser l'espace dans un effort de recomposition et d'identification.

Dans la deuxième salle, une "vanité" se cache dans une sculpture abstraite, sa figure se révèle lorsque l'on plonge le regard dans un miroir qui reflète une forme de crâne humain. L'approche de cette intrigante sculpture à première vue non figurative pose la question de l'un art dont le sens nous échappe d'abord puis se révèle par le truchement d'un miroir, réaffirmant comme une sentence, un "memento mori", ce passage fugace que subit toute vie sur terre, en une vanité peuplant les natures mortes des peintres au XVIIème siècle.

"Deux objets sur une table" tentent de tromper le visiteur. Car l'oeil perçoit bien deux objets sur la table, à la façon d'une oeuvre conceptuelle. Mais en s'approchant, un nouveau miroir fait le jour sur une sculpture figurative.

Enfin un visage humain se découvre au plafond, reflet d'une construction architecturale moderniste vertigineuse.

Au-delà de qualités plastique et esthétique indéniables de ses sculptures, Marc Didou nous fait éprouver un délicieux vertige. Matérialisation et dématérialisation, voilé et dévoilé, le temps se confond avec l'espace dans une perte de repères. Il joue avec ces moyens plastiques à la manière d'un illusionniste et par ces oeuvres à multiples facettes nous donne accès à la dimension profondément humaine que son oeuvre recèle.

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